Inconduite sexuelle au Gouvernorat du Kongo central: retour sur un scandale

Mme Muyita Ankieta a dans un premier temps accusé le Vice Gouverneur d'avoir tenté de la violer avant de se rétracter. Elle a été révoquée de ses fonctions d'assistante du Gouverneur

Mme Muyita Ankieta a dans un premier temps accusé le Vice Gouverneur d’avoir tenté de la violer avant de se rétracter. Elle a été révoquée de ses fonctions d’assistante du Gouverneur (Crédit photo: page Facebook de Mme Muyita Ankieta).

Le Vice-Gouverneur du Kongo central est apparu entièrement nu dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Considerée comme coupable, la victime présumée du viol a été démise de ses fonctions. Me Murphy Lutete, juriste, avocat et conseiller du Gouverneur pointe du doigt des insuffisances dans la gestion de ce dossier et rappelle qu’il n’y a pas de vacances au poste de Gouverneur dans le Kongo central.

Au cœur du scandale se trouve le vice-gouverneur de la province du Kongo-Central, Justin LUEMBA. Une vidéo virale montrant sa nudité a circulé les réseaux sociaux. L’assistante du Gouverneur, Mme Muyita Ankieta AKA Ma Mimi l’accuse, en présence d’une policière et d’un responsable de l’Agence nationale des renseignements, d’avoir tenté de la violer.

Le Parquet général de Matadi a interpellé le vice-gouverneur du Kongo-Central, Justin Luemba, dimanche 25 août 2019 dans la soirée après cette action. Justin Luemba a été conduit manu militari en culotte de chambre vers 21 heures au parquet général, à Nkala-Nkala, à Matadi.

Le vice-gouverneur affirme dans la vidéo qu’il ne s’agit pas d’un viol et qu’il entretenait avec la dame âgée de 44 ans une relation amoureuse.

Justin Luemba a été relâché par le Parquet général de Matadi les après-midi 26 août 2019.

Par contre, l’assistante du gouverneur, Mimi  Muyita a été révoquée après avoir retiré sa plainte contre le vice-gouverneur sans donner des explications.
Le responsable de l’Agence Nationale des Renseignements a été rappelé à Kinshasa et la policière interpellée par l’Auditorat militaire.

Après ces évènements, le Gouverneur a reçu son adjoint pour discuter du scandale qui s’est déroulé en son absence. Le vice-gouverneur a réagi dans cette vidéo. Selon Me Murphy Lutete, les rapports entre les deux hommes sont au beau fixe.

Le gouverneur a ensuite invité les chefs des confessions religieuses pour parler de cette affaire de viol, dans ce reportage de la cellule de presse du gouvernorat. Mgr Cyprien Mbuka, évêque du Boma, présent, a réagi.

Une marche pacifique des Matadiens pour exprimer leur indignation

Les élus de la province du Kongo – Central ont convoqué pour samedi 31 août dans la capitale provinciale MATADI une marche pacifique de protestation contre l’humiliation subie par le peuple à travers ce dont le vice-gouverneur a été victime.

Les élus ont exigé la révocation du chef provincial de l’ANR, des « sanctions exemplaires » contre les policiers qui ont porté atteinte à l’intégrité du vice-gouverneur, mais aussi la démission, sinon la révocation du gouverneur et de son vice-gouverneur par le chef de l’État.

Le FCC lâche le Gouverneur

Sur ce point de démission, une conférence des présidents des regroupements politiques du Front commun pour le Congo (FCC), a, dans une déclaration faite samedi 31 août 2019, demandé au gouverneur de la province du Kongo-Central et son adjoint de démissionner sans tarder de leur fonction. Tous les deux sont membres de cette plateforme politique.

Me Murphy a rappelé dans une interview que le poste de Gouverneur n’est pas vacant à ce jour. Atou Matubuanga et Justin Luemba ont été rappelés par la hiérarchie pour renseigner la Justice. En tant que Gouverneur et Vice-gouverneur ils ne sont justiciables que devant la Cour de cassation. À sa connaissance, ce dernier n’a pas commis d’actes répréhensibles, mais a plutôt été victime d’un dysfonctionnement des services chargés d’assurer la sécurité des autorités et du pays.

murphy lutete

 » La loi a prévu des mécanismes propres pour que le Gouverneur et son Vice-Gouverneur puissent être entendus par les instances judiciaires », a-t-il rappelé dans l’interview ci-dessous en audio et en vidéo.

 

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